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Carouge, ville Sarde

Carouge, que les romains avaient appelé « Quadruvium » ou « carrefour » en latin en raison de sa position sur les routes commerciales, ne doit son véritable développement que par la volonté de Charles-Emanuel III, roi de Sardaigne.  Les architectes turinois la dessinèrent telle que l’on peut encore la voir : voies linéaires, intersections aux quatre points cardinaux, petits immeubles contiguës d’un étage surélevés d’un niveau au XIXème siècle.  Son architecture si particulière lui valut en 1982 une reconnaissance nationale et son histoire vaut la peine que l’on s’y arrête.

LE PASSE…

Carouge est née sous l’occupation romaine, point stratégique sur l’axe nord-sud passant par Genève, sur la Rive gauche de l’Arve. Un pont en bois gardé par une petite garnison en permettait le passage. Quadruvium  n’était guère qu’un hameau de quelques habitations sur une frontière naturelle qui délimitera plus tard le Pays de Savoie (catholique) et Genève (la Rome protestante) en perpétuel conflit.

Mais c’est par l’ambition de ce roi étranger que fut fondée Carouge.  Le Traité de Turin signé en 1754 conclut entre le Royaume de Sardaigne et la République de Genève réglèrent les problèmes de frontières en accordant au Roi une bande de terre de 2 km de long et 500 m de large sur lequel se trouvait le hameau. Son fils, Victor-Amédée III y vit l’opportunité de faire de Carouge une ville de foires et de marchés afin de casser le monopole genevois qui en tirait de forts profits financiers. Il accorda à la localité le droit d’établir deux foires annuelles et deux marchés hebdomadaires qui se tenaient la veille de ceux de Genève !

Bourgade de garnison, cité-frontière, passage obligé pour beaucoup de marchands mais aussi point privilégié de la contrebande qui s’épanouit alors entre la Savoie et Genève. Carouge aura même son Robin des Bois : Louis MANDRIN, célèbre contrebandier, qui, arrêté par les français, mourra du supplice de la roue. Il honorait sa devise « s’enrichir en faisant plaisir au peuple » en organisant des marchés sauvages offrant produits « hors taxe » spoliant ainsi les percepteurs des nombreux impôts qui accablaient la ville. Il faut tout de même souligner qu’il n’hésitait pas à tuer les récalcitrants.

Propriété sarde, la ville s’agrandit grâce à des mesures de tolérance à l’encontre des protestants. Une certaine liberté des mœurs contribua à la multiplication des cabarets et autres lieux de débauche. En 10 ans, le nombre de ces établissements passera d’une vingtaine à plus de 130. La ville servit de refuge aux Juifs qui achetèrent une concession de terrain à l’origine du cimetière israélite créé en 1788 (toujours privé mais que l’on peut visiter). Les francs-maçons, introduits à Genève dès 1736, mais en lutte aux persécutions, y établirent une loge dont la plus ancienne connue, la loge de la Fidélité, fut fondée en 1764.

Entre 1772 et 1784, se furent pas moins de cinq projets qui en forgèrent la physionomie actuelle. Francesco GARELLA eut l’idée de diviser la ville en damier, les intersections des rues se trouvant aux quatre points cardinaux. Il est difficile de définir la part de chaque architecte mais chacun d’eux contribua à la structure et la construction de la ville dont l’unité architecturale est parfaite : de petits immeubles contiguës sur deux niveaux séparés par une corniche, le long d’axes au tracé linéaire. La façade définit l’espace intérieur : une porte qui mène à un long couloir traversant la maison et conduit soit à un escalier externe, lequel débouche sur une galerie de bois côté jardin (les architectes ont dû garder les jardins existants), soit à un escalier intérieur. Les arcades ouvrent sur les pièces à vivre, remise ou boutique à l’époque. Les toits de tuiles à deux pans, pour la plupart aménagés en attique, sont percés de lucarnes. En 1780, le Roi bloquera le prix des terrains afin d’éviter la spéculation et en 1786. Carouge se verra accordée le titre de ville royale. Ces immeubles qui sont le cœur du Vieux Carouge – dont celui proposé à la vente « voir Investisseurs » – donnent à la ville une dimension à taille humaine.

Un vent de liberté souffle sur la France : c’est la Révolution de 1789. Napoléon Bonaparte part à la conquête du monde et passera même par Carouge. Des troupes françaises franchissent la frontière Sarde et la ville sera annexée, sans déclaration de guerre : c’est l’occupation française qui durera 22 ans. Napoléon autorisera les installations hydrauliques indispensables à la filature. Ainsi sera creusé sur 780 m le Canal de la Fontenette (maintenant comblé) qui attirera plusieurs fabriques dont une nouvelle faïencerie et bon nombre d’artisans. Carouge deviendra genevoise et Suisse lorsque Napoléon sera stoppé dans ses ambitions à la Défaite de Waterloo.

LA MODERNITE…

Le XXème siècle est difficile pour Carouge : crise économique des années 30, « krach » de Wall-Street et faillite de la Banque de Genève. Mais en 1982, des experts chargés de protéger le patrimoine helvétique en matière d’urbanisme et d’architecture la déclarera « cité reconnue d’importance nationale ». Un nouveau « Printemps carougeois » voit la ville se réveiller : elle devient joyeuse, coquette, les façades sont rajeunies et les commerces fleurissent.  On traverse l’Arve pour fréquenter les nombreux restaurants pittoresques dans une atmosphère empreinte de convivialité et joie de vivre. On s’y arrête devant les arcades des créateurs suisses et les échoppes des artisans qui ont conservé leur savoir-faire d’antan. Certains genevois diront peut-être que l’on s’y sent à l’étranger mais j’ajouterais avec malice que l’on s’y sent en liberté… les jardinets côté cour sentent bon le lilas et le chèvrefeuille.

A l’étranger ? certes pas mais à quelques kilomètres seulement de l’autoroute qui mène à la France et à quelques minutes de « l’autoroute de contournement » qui vous conduira à l’Aéroport International de Genève.

CAROUGE VOUS DONNE RENDEZ-VOUS..

Le Vieux Carouge est à Carouge ce .que la Vieille Ville est à Genève : riche de ces bâtisses chargées d’histoires qui, comme un grand vin, enrichira tout acquéreur d’un immeuble « de garde » à conserver pour des générations à venir, tout comme l’a fait la famille à laquelle appartient le bien que je propose à la vente.

Vous serez un investisseur avisé qui contribuera à participer à l’épanouissement d’une ville tout en affichant une adresse élégante et discrète. En temps opportun, je vous confierai le nom des deux banquiers qui l’ont pressenti en achetant les immeubles voisins de celui qui m’a séduite par son passé et la surprise de ses magnifiques rénovations.

Intéressés ? alors rendez-vous au célèbre bar à vins « QU’IMPORTE le flacon… pourvu que l’on ait l’ivresse » (Alfred de Musset) et vous y croiserez célébrités locales et gens du monde, en toute simplicité.

Sources:

« Cap sur l’histoire de Carouge » de Raymond Zanone
« Arts et Monuments – Ville et canton de Genève » d’Armand Brulhart/Erica Deuber-Pauli